L’Effet de style

Je pensais à des effets percutants quitte à ce que je me répète fallait que ça reste dans nos têtes et tes soupirs essoufflés qui me snobent et nous sidèrent et nos regards mêlés, mêlés à la poussière suis moi sans un bruit j’entends déjà trop le son de ta voix, j’avais en tête nos deux ombres mêlées à la lumière plus qu’un effet de style une silhouette qui nous poursuit sans cesse il faut que ça s’arrête il faut que ça s’arrête mais bien sûr ça continue tu entends on ne respire déjà presque plus pourtant pourtant il y avait du potentiel cette conversation aurait pu atteindre le septième ciel et collé au plancher nos ombres portées par pas grand chose flottent mollement sur la moquette du salon de tes parents.
J’avais des choses à dire il est déjà trop tard ton regard se fait flou il est sept heure moins cinq pétards et nos yeux rouges qui ne doivent rien à la tristesse tout est fini et nos corps lasses se délestent de trop d’année passée à idolâtrer tout ce stress si facilement confondu avec la passion nos corps fondu l’un dans l’autre entretenant l’illusion, fausse noblesse et faux style des amants qui meurent déjà à peine quelques mots d’amour murmurés dans le péristyle, nos snobismes s’enlaçaient se croyant immortels ils n’étaient que dociles. Nous étions deux au sein de ce non sens sensuel sans savoir si c’était possible de s’enfuir sans oser le tenter sans vouloir le risquer il fallait qu’on soit jeune fatalement tes coups de minuit sur ma peau résonnent ça s’appelait de la passion ça s’appelait de la passion mais ça n’en avait que le nom, non, ne me contredit pas, c’est à mon tour de parler à ton tour d’encaisser jusqu’à faire glisser ta carcasse au sol sur le carrelage de la salle de bain cette fichue baraque ne ressemble plus à rien. Fallait-il qu’on s’aime fallait-il, qu’on s’en souvienne.
J’avais des choses à te dire j’avais préparé un texte, simple prétexte, simple réflexe de survie, parce que c’était toi parce que c’était lui, parce qu’il fallait bien en finir parce qu’il y a des histoires que personne ne voudra jamais écrire on était là à regarder le plafond fonce-dé et dans mes silences tu comprenais la lassitude d’un corps blasé plus même bon à une partie de sexe en mode pilote automatique relation tautologique de deux ados accros aux narcotiques il faut bien devenir adulte et s’affirmer finalement on aura eu le mérite d’essayer, je me casse et le bonjour à tes parents, n’oublie pas d’éteindre les lumières en sortant.