Vanités

Entre les barreaux de ma cellulite
A cette époque là j’étais jolie

Tension sur ma peau des verge-tures
Comme autant de flétrissures
A cette époque là j’étais jolie et sure
De mes charmes comme autant d’armes mûres
Tout était neuf, ferme et pur.
Mais le corps s’use vite et même le tiens tu sais
Ton ventre retombe autant que mes seins tu sais
On sais très bien comment tout ça va se finir
C’est pas comme si il y avait du suspense
La gravité se suspend à mes chaires
Et ma peau de mes cuisses prend un goût d’agrume l’hiver.
On vieillira moche et gros et peut être pas même ensemble
On se rappellera de l’époque où avait plus faim rien qu’à se dévorer des yeux
On se rappellera de l’époque où l’on n’était pas encore vieux :
C’était bien nous, nos corps jeunes et parfaits.
Il n’y a pas de honte dans ces regrets vitaux
Ceux qui font frémir lorsque la mort se grave à même nos peaux
Ne me regarde pas avec cet air paniqué
Ce n’est pas de ma faute si je t’ai connu jeune et parfait
Le temps passe et bientôt nos souvenirs seront aussi flou que le grain de ma peau.
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