Jeunesse

Chut. Tais toi un peu. Fais preuve d’un peu de dignité. Tais toi s’il te plait, respecte ce silence, respecte ce tempo, arrête de… arrête.
Je voudrais que tu te taises. Que tu acceptes de n’avoir rien à dire, plus rien à répondre.
Je voudrais que tu me laisses le temps de respirer, d’inspirer et d’expirer.
Je voudrais que pour un moment tu cesses de considérer qu’une journée où tu n’as pas parlé est une journée vaine, inutile. Que tu cesses de considérer ta parole comme sacrée. Je voudrais tellement ne plus jamais entendre le son de ta voix…
Que tu te taises. Que je respire. Que tu expires. Je voudrais tellement que tu arrêtes.
Parfois mes doigts autour de ta gorge… Tu prends ça pour un jeu érotique… Tu penses que je cherche à augmenter ton plaisir mais moi… Moi je voudrais juste… Que tu te taises. Que chaque journée ne soient plus encore et toujours que seulement le son de ta voix en échos prolongés…
Tes gémissements m’obsèdent, même tes silences sont gavés de tes baraguinement, passant ta vie à te chercher des excuses tu sais bien qu’un moment de silence serait la fin de ce petit arrangement que tu as passé avec la vérité. Il parait que c’est le karma, une femme à talon haut corset rouillé et cigarette au mais, une de ces putes de série noire qui n’a jamais existé, et qui n’existera jamais. Une belle excuse, une excuse en bas nylon. Alors forcément, moi et mes chaussettes en coton…
On peut pas lutter contre le destin, surtout quand elle suce pour trois fois rien directement à ta moelle. Et bientôt tes paroles, tes belles paroles, ta verve de jeune homme plein de choses à dire, à voir, à partager, tournent façon lait caillé. A la trentaine tout cela ridicule, tu le sais, tu l’entends, Peter Pan, le crocodile pas vrai ?
Je te sens pétrifié. Tu combles et ta parole se perd en errance pathétique. Tout plutôt que d’entendre le tic tac du reptile. Pourtant, même s’il n’est pas toujours audible, il est là. Alors tu parles tu parles, et forcément tu te répètes. Les mêmes excuses les mêmes histoires. Ca vient par spasmes le soir et tu fais l’amour à ce désespoir qui donne à tes grands airs de la consistance.
Tout ceci n’est rien. A peine tu te seras tu, enfin, que toute cette comédie prendra fin. Et comme vidé de tes os ta chaire s’effondrera mollement au sol, privée de sa colonne vertébrale, machinerie d’excuse et de faux semblant. Tic tac tic tac. Mon doux Peter, garçon trop vieux, tu es perdu.

Tes yeux rouges incapables de voir la moindre issue. Incapable de fixer quiconque dans les yeux, incapable d’entendre, incapable d’écouter. Le monde devient plat. Quand il n’y a plus que soi, quand il n’y a plus d’interaction qui donne de la consistance à un être, alors tout s’effondre et l’on perd les dimensions de la vie humaine, tout devient plat, terne.

Tu parles depuis si longtemps, tu te répètes, et tu le sais, tu l’entends d’autant plus que tu n’entends que toi, et ce rythme t’obsède et prend possession de ton âme damnée. La jeunesse éternelle à un prix, tu te souviens ? Tu ne te souviens donc pas ? A la fin du conte ! Pas la version de Disney, la vrai… Peter. Peter devient Crochet….

Vanités

Entre les barreaux de ma cellulite
A cette époque là j’étais jolie

Tension sur ma peau des verge-tures
Comme autant de flétrissures
A cette époque là j’étais jolie et sure
De mes charmes comme autant d’armes mûres
Tout était neuf, ferme et pur.
Mais le corps s’use vite et même le tiens tu sais
Ton ventre retombe autant que mes seins tu sais
On sais très bien comment tout ça va se finir
C’est pas comme si il y avait du suspense
La gravité se suspend à mes chaires
Et ma peau de mes cuisses prend un goût d’agrume l’hiver.
On vieillira moche et gros et peut être pas même ensemble
On se rappellera de l’époque où avait plus faim rien qu’à se dévorer des yeux
On se rappellera de l’époque où l’on n’était pas encore vieux :
C’était bien nous, nos corps jeunes et parfaits.
Il n’y a pas de honte dans ces regrets vitaux
Ceux qui font frémir lorsque la mort se grave à même nos peaux
Ne me regarde pas avec cet air paniqué
Ce n’est pas de ma faute si je t’ai connu jeune et parfait
Le temps passe et bientôt nos souvenirs seront aussi flou que le grain de ma peau.

Avertissement nocturne

Il fait nuit
Et un peu peur.
Un sentiment de panique discret,
Se tapis dans mes feuilles de tabac à rouler.
Il fait nuit
Et un peu froid.
Je me sens seule
Mais ce n’est pas, ce n’est plus, la première fois :
J’ai l’habitude
Du tendre sentiment de solitude.
Elle s’enlace à ma taille,
Et projette,
Mes lèvres
Vers la prochaine cigarette :
Sa lueur rouge me rassure
Seule désormais à me pousser vers l’avant.
J’interromps là mon inspiration,
Et roule mon futur démon,
Je ne suis pas à un cancer près :
Gorge, oesophage, poumon,
Je préfère ne rien négliger,
Toute à mon oeuvre d’auto destruction.
Il fait nuit
Et pas un bruit
Pendant ce temps là,
Sur le balcon j’expire,
Et prie pour que ces tenèbres ne se dissipent jamais.
La solitude en pleine nuit c’est romantique,
On peut en faire des poésies,
Ou des musiques.
Mais en plein jour il n’y a à rien à en faire,
Et il faut se meller à la foule,
S’abandonner à cette houle, qui projette,
Mes lèvres,
Vers la prochaine cigarette :
Sa lueur rouge me rassure
Seule désormais à me faire regarder devant.
Rouge à lèvre marron sur lèvres blêmes,
Avoir l’air plus forte et donc plus vieille,
N’importe où sauf ailleurs et promène,
Mes lèvres,
De cigarettes en cigarettes.
J’y pense la tête à ma fenêtre…
Et puis j’oublie.
Il est tard, passé minuit.
Il y a aurait presque rien à en dire,
Si ce n’est la nécessité, vitale, de parler.
Il fait nuit et un peu peur.
Ca pourrait presque se finir comme ça.
Il pourrait ne plus jamais rien y avoir qui prenne aux tripes.
Et ce silence des 3h du mat pourrait avaler le monde tout entier.
Si cette idée te fait peur :
Inspire, expire,
Et fume,
Que tes lèvres servent au moins à quelque chose d’autre,
Qu’à se mordre elle même,
Faute de mordre d’autres épidermes.
Bien sûr le jour va se lever,
Et tout sera à recommencer :
De cette soirée dans quelques jours je ne me souviendrais plus de rien.
Et quand à soixante ans j’aurais du mal à respirer,
A inspirer, à expirer,
Je ne me souviendrais même plus,
De la saveur qu’avait cette nuit là,
Entre ton parfum, ce silence, et cette odeur de tabac froid.
Mais pour l’instant,
Alors qu’il fait nuit,
Alors qu’il fait froid,
C’est tout mon univers qui se résume,
A cette fumée,
Et à cette cigarette, qui se consume.
Mais il faudra bien,
Un jour, que quelqu’un parle,
Et dise la vérité,
Sur les femmes de mon âge.
Sur la violence contenue dans un trait de rouge à lèvre.
Et ces paupières noircies.
Ne vous y trompez pas :
Il n’y a là rien de faible, de poétique ou de charmant,
C’est une rage vitale,
Et qui dans un éclat d’émail,
Mord crie et hurle,
D’une ferveur toute animale.
Ce n’est pas de l’hystérie,
Ce mal imaginaire, au fond plutôt joli.
C’est de l’énergie pure qu’on réfrène mal,
Ces lèvres, rouges, assassines,
Qui se baladent,
De cigarette en cigarette,
Pour calmer ces pulsions muettes.
Un jour il faudra bien qu’on vous dise :
La force de ces fureurs insoumises.
Mais pour l’instant continuons à faire semblant,
Puisqu’il fait nuit, puisqu’il fait froid,
Je serais fragile,
Et j’aurais un peu peur.
Courant dans vos bras les yeux baisés,
Pour mieux vous cacher,
La lueur criminelle et féline,
L’impudeur et l’envie d’en jouir,
Et toute ces choses que l’on sait ne pas devoir dire.
Mais sache toi,
Qui me regarde affalé dans mon salon la télécommande sur les cuisses,
Que si je fume,
Ce n’est pas parce que je suis triste,
Ou que j’ai froid,
C’est pour qu’il y ait quelque chose en ce monde qui brule :
Et que, pour l’instant, ce ne soit pas toi.

Fille d’Automne

C’était une de ces filles née en Septembre.
Et qui ne souriait jamais sauf dans sa chambre.
A sept ans déjà elle traversait les miroirs,
Comme on traverse des mouchoirs.
Les yeux grands, vides et noirs,
Non, vraiment : Rien de sympathique,
Dans ce regard.

Elle apprenait à marcher,
Qu’elle avait déjà les poings serrés
Sur les rembardes d’escaliers,
Refusant de tomber pas même une fois,
Pour faire plaisir à ses parents
Qui auraient voulu pouvoir la rattraper.

Dans ses veines,
Coulait un enduit lourd et opaque,
Du genre de ceux dont on recouvre
Les portes des cloaques pour qu’elles s’ouvrent.

Écrasant à deux mois déjà les feuilles mortes,
Par jalousie.

On se voyait en elle,
Comme on se voit à travers les cauchemars.
Et à peine se croyait on jugé,
Qu’elle n’était déjà plus là.

Elle avait adolescente,
Déjà,
Cette violence,
De celle qu’on ne retrouve que chez les vieillards
Dont les regardes mornes
Ponctuent les fenêtres des maisons de retraites.

C’était une de ces filles,
Née dans les années 2000,
Entre l’été et l’hiver,
Ne croyait plus être la première en rien,
Ni en la religion ni en la famille,
Ni en Goethe ni en Prévert,
Se contentant d’exister, avec fatigue,
Haineuse avant même d’avoir été aimée une fois.

C’était une de ces filles.
Qu’on souhaiterais ne jamais avoir
Et qui pourtant était là.
Et il fallait bien faire avec.

Ses poèmes étaient arithmétique,
Et son beat et son rythme,
Hypnotisent avec malaise,
Comme la musique électronique,
Qu’on entendait dans ces fêtes
Alternant musique et fixes.

Son esprit était une dentelle,
Alternant éclair de génie,
Et creux consternant.

On en attendait rien :
Elle donnait tout,
Faute de savoir se retenir,
Plus que par générosité.

Indifférente à l’amour des autres,
Faute d’en avoir pour elle même.
Simple éructation de la vie,
Adolescente à peine finie.
Hanche étroite, seins petits.

Rebelle à toute caricature
Belle erreur de la nature
Femme au milieu des technologies
A son aise parmis les machines

Elle inventait des systèmes
Des algorithmes
Créant virtuellement
De la poésie, de la musique.

Ce que voyager seule peut apporter à une femme

Une des questions les plus courante sur google en rapport avec le voyage concerne le statut des femmes voyageant seules. J’ai voulu renverser la perspective et m’interroger sur ce que le voyage apporte à une femme voyageant seule plutôt les dangers qu’il lui ferait encourir. A chacun ensuite de faire le calcul selon ses intérêts propres.

I. La pudeur.

image

Donne moi tout ce que t’as Louis ! Oh yeaaaah 

C’est d’abord un passage obligé : celui du dortoir, souvent mixte, parce que moins cher ou tout simplement pas le choix. Après trois jours à se contorsionner sous la couette pour enfiler son pyjama, finalement à l’envers, on finis par se décoller les mirettes de son nombril et par remarquer un peu plus ce qui nous entoure : cet homme au bide proéminent qui n’a pas peur de se promener torse poil, ce type charmant qui s’endort vêtu d’un seul boxer, cette nana qui se trimballe en soutif cradingue les jambes même pas épilées, ce groupe de gonzesse en tee shirt-slip trop large sur un lit couvert de miette. Goddam : personne n’en a rien à faire de votre nudité. En général dans un dortoir d’auberge les principales activités sont : ronfler, décuver, geeker. Globalement que vous ayez les plus belles fesses de l’univers ou une immonde cellulite tout le monde s’occupe d’autre chose : gérer l’argent, l’itinéraire… Si les auberges sont des lieux propices aux rencontres et à la drague le dortoir bénéficie du statut de territoire neutre et passé un petit temps d’adaptation on découvre le bonheur qu’il y a à pouvoir se changer tout en parlant alcool local et bar du coin à la mode avec un parfait inconnus dont la petite copine est elle même en train de se vernir les ongles sur le matelas en face.

Mais ce n’est pas que ça, désapprendre les codes de sa propre pudeur passe aussi en voyage par, évidement, le contact avec d’autres cultures. Et pour cela pas besoin de traverser six fois le monde, les gens du monde entier ont la gentillesse de venir jusqu’à vous : c’est cette japonaise qui traine dans son plus simple appareil poilu dans le vestiaire d’un bain thermal espagnol la touffe majestueuse à l’air, c’est cette allemande naturiste qui pratique en plein dortoir, c’est cette irlandaise et cette anglaise qui trainent ensemble en miniminimini short sans même sembler y réfléchir. Alors forcément on relativise : je suis choquée par ces femmes du Maghreb et japonaises tout à fait à l’aise à poil dans les bains féminins autant que la maghrébine sera choquée par les jambes que je montre tandis que la japonaise, toute gambette dehors, sera choquée par ma façon de parler cul. C’est une chose de le dire, s’en est une autre de l’avoir vécu, vu et ressenti. Petit à petit notre pudeur d’adapte : montrer ses jambes deviens plus naturel car un short prend moins de place dans un sac à dos, la nudité perd en transgression : on dédramatise car Satan ne se cache pas derrière un décolleté trop profond.

Voyager seule pour une femme c’est l’occasion, sans biais introduit par la présence d’un proche, de remettre en question profondément son rapport à son corps.

II. L’inconnus n’est pas mon ennemi

image

Calme toi Zoey, tout va bien se passer… Mwahaha…

A Paris je m’évite de passer par la Gare du Nord passé 22 heures. C’est assez paradoxal puisque j’ai fais le pied de grue avec une amie dans une gare chelou de Belgrade à des heures indues attendant un train de nuit, tout simplement parce que pas le choix, entouré de punk à chien avinés. En France je suis d’abord une femme, ensuite une citoyenne. En voyage je suis avant tout un voyageur : le terme est neutre parce que les nécessités du voyage prennent le pas sur mon sexe : le train ne va pas arriver plutôt juste pour faire plaisir à une petite nana abandonnée à son sort. Lancé dans le grand bain sans brassard on doit bien se débrouiller par soi même très vite, en voyage on est dépendant des gens qui voudront bien nous aider, nous montrer le chemin, nous renseigner sur les coins à connaître, ou tout simplement nous parler pour rompre la solitude d’un voyage en solo. Et dû à la façon dont la nature est faite on a 50% de chance de tomber sur un homme. Alors on oublie un moment le grand méchant loup qui se cache derrière tout mâle et on ose l’inconnu et là miracle : tout va bien.

Le statut de voyage présente une faiblesse qui est la même chez l’homme et la femme : on se fait remarquer. Les gens savent pertinemment que vous n’êtes pas du coin, que vous êtes donc profondément faible et ainsi s’accumulent les arnaques, les tentatives d’intimidation, les agressions. L’idée c’est que l’on a pas la maîtrise du terrain. A ce petit jeu là l’homme est aussi susceptible de se faire exploser la gueule pour son appareil photo qu’une femme pour son entre-cuisse. Une fois qu’on a compris ce principe on comprend autre chose : plus l’on accueille cette part d’inconnus, plus on acquiert cette maîtrise du terrain. Parler avec des hommes c’est peut être parler avec ceux qui vous défendrons face à cette femme saoule sortie du bar qui s’est mis en tête de vous refaire le minois parce qu’elle déteste ces connards de français depuis que Jean-Jacques lui a fait miroiter une vie à Paris sans résultat.

image

Je te le fais pas dire Jimmy.

Voyager seule pour une femme c’est l’occasion de remettre en question son rapport à l’altérité, et surtout sa perception du danger pour une conception moins fantasmé, plus concrète, plus au contact de la réalité des rapports humains sans avoir la pote flippée qui fait paniquer tout le groupe ou le pseudo grand frère qui te ramène à ta place de victime-toute-prête.

III. L’indépendance.

On en arrive à mon troisième et dernier points : ce que ça veut vraiment dire, être indépendante en voyage, et notamment en voyage solo. On a tendance à se faire une fausse idée de l’indépendance : prendre des risques, aller dans les ruelles sombres, vivre sans argent, à la débrouille. Plus on accumule les galères plus on se sentirait indépendant. Une blague courue dans le milieu du voyage raconte que pour monter l’Himalaya vous avez le chemin facile, le chemin difficile et le chemin des français. Chercher la merde ne fera jamais de personne un Mac Gyver, ça en fera juste un imbécile. L’authenticité ne se cache pas dans le danger, les vrais locaux ne vont pas dans ce quartier ? N’y allez pas. Il y a peu de chance que vous tombiez sur ce petit resto charmant et so typique dont vous rêviez dans une ruelle puant la pisse.

image

Non Brad. Après avoir tout perdu tu as froid et tu as faim à la limite mais j’appellerais pas ça liberté. Et c’est certainement pas avec cette chemise à la mode et ton statut de personnage de fiction que tu vas me faire renoncer à mon sac de couchage moelleux . 

Voyager à la dure n’est pas voyager de façon plus réaliste, c’est se lancer un défis : un défis d’endurance, un défis lancé à nos nerfs, permettant d’apprendre à gérer le stress, un défis lancé à notre timidité. On peut parfaitement vivre une expérience de voyage authentique et ne pas se sentir tenté par ce genre de défis. Personnellement en voyage je m’assure toujours d’avoir toujours assez pour me payer mon hébergement, c’est comme ça que je me sens indépendante, je préfère être dépendante de mon argent plutôt que de la bonne volonté d’autrui, c’est un choix parmi d’autre.

L’indépendance en voyage qui ne s’apprend réellement qu’en voyageant seul dépend donc de notre propre définition personnelle du voyage et non pas d’un mythe à la Pékin Express. Une femme en voyage se retrouve donc face à un défis autrement plus complexe que celle de craindre le violeur derrière ce sympathique couch-surfeur :il s’agit de définir ce qu’on attend de son voyage, et donc de soi-même, cet exercice d’introspection peut s’avérer bien plus dur que de trouver à manger pour 1 euros.

On pose souvent la question de la sécurité des femmes voyageants seules or à quelques exceptions près, genre la Syrie actuellement, aucun pays n’a intérêt à génocider 50% de sa population, dans les pays où la sécurité des femmes est la plus menacé votre statut, probablement, de femme blanche-assimilée occidentale vous fera peut être passer pour une perverse (beaucoup de pays n’ont que le porno occidental pour se détendre) mais vous protégera aussi, ici le statut “d’étranger” du voyageur n’agit plus comme une barrière mais comme une protection. A quelques exceptions immondes prêt qui, si on s’y laisse impressionner, donne raison aux agresseurs. L’indépendance n’est donc pas une source de danger, c’est au contraire votre capacité à être indépendante qui vous permettra de réagir face au danger sans attendre que quelqu’un d’autre prennent des décisions à votre place quitte à faire preuve d’imagination. Petit exemple : un homme aviné cherchait à monter dans mon lit en hauteur, un livre épais a fait office de massue qui s’est abattue sur son crâne. Connaître le terrain, être préparéer intérieurement à réagir, voilà ce qu’apprend le voyage et qui peut être réutilisé avec intelligence une fois rentrée chez sois.

Ma définition d’un équilibre idéal serait donc le mélange entre cette nécessité de se sentir à l’aise dans son voyage et cette nécessité d’aller vers autrui et donc de sortir de sa zone de confort. A titre personnel il me faut donc, pour kiffer un voyage, me sentir à la fois indépendante au sens où je l’entends (financièrement, ce qui signifie de faire des voyages à la mesure de ma bourse, ce qui limite forcément mes horizons) pour partir à l’aventure en me disant qu’au pire j’ai de quoi payer le vol de retour en cas de gros pépin. Ca démontre beaucoup de mes valeurs, de la place que je donne à l’argent, au contact avec autrui, et c’est en voyageant seule que je l’ai appris. A chacune de trouver son équilibre, de comprendre ce qu’elle attend de son voyage et donc d’elle même afin de mieux comprendre à quel système de valeur on estime appartenir, aucun n’est profondément mieux qu’un autre.